Article : Automne 2010 , Sale temps pour les journalistes.

Publié le par Chloé Bouducon

Mon article "trop engagé" pour le site de l'univeristé...

 

Fin Octobre, la France chute au classement de Reporter sans Frontière sur la liberté de la presse; en même temps le peuple français proteste contre la réforme des retraites. Des milliers de travailleurs battent le pavé et autant de journalistes couvrent les manifestations.

 

 

sarkozy_drapeaux2-copie.jpgChaque année, l'ONG Reporters Sans Frontières établit un classement du point de vue de la liberté de la presse. En 2010, la France perd une place et passe à la 44ème place – sur 168 pays - . Le rapport stipule que « plusieurs pays démocratiques où Reporters sans frontières avait signalé un certain nombre de problèmes ne connaissent aucune progression. Il s’agit, en premier lieu, de la France et de l’Italie où incidents et faits marquants ont jalonné l’année en cours, confirmant leur incapacité à renverser la tendance : violation de la protection des sources, concentration des médias, mépris et même impatience du pouvoir politique envers les journalistes et leur travail, convocations de journalistes devant la justice. »

Difficile tout de même de la comparer à des pays tels La Corée du Nord, l'Iran ou la Birmanie qui se partagent les dernières les places, ou les pays ouvertement en guerre, théâtres de conflits ou d’une guerre civile où s’ancre une culture de la violence et de l’impunité. Dans ces pays, parmi les plus dangereux au monde, la presse est une cible privilégiée et les journalistes sont directement visés par les belligérants, comme le montre la prise d’otage de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, retenus en Afghanistan depuis maintenant 341 jours.  

Stigmates de cette mauvaise position, des violences physiques envers des journalistes marquent les manifestations contre la Réforme des Retraites. Nuit du 12 Octobre près de la Bastille à Paris : un preneur de son de TF1 et un journaliste de Canal + sont frappés et molestés par des CRS. Les agressions, filmées par l'agence de presse Moaspress, crée un buzz sur internet, 400 000 vues en 48 heures. Celle du journaliste Thierry Vincent, de l'émission de Canal + Spécial investigation est la plus reprises par les Journaux Télévisés. A noter qu'il était présent sur les lieux en tant que manifestant citoyen. Toutefois fort est de constater que la carte de presse – qu'il a brandi lors de la charge des CRS – n'est pas un gage de protection.

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Ainsi sur une photo Rue89.com , on voit le journaliste de Canal+, à terre, brandissant sa carte de presse. Encore plus parlant est le haut de la scène : un caméraman filme, tout en tenant lui aussi sa carte d'identité professionnelle. Malgré cela, le CRS qui lui fait face l'asperge -ou s'apprête à l'asperger- de gaz lacrymogène.

Le site d'information recueille également les témoignages de plusieurs photographes victimes d'attaques semblables, dont celui d'une étudiante en photographie, n'ayant donc pas encore de carte de presse, violemment frappée par un CRS. Elle récolte un coup de poing qui lui vaudra six jours d'interruption temporaire de travail (ITT) et la conduira à déposer plainte à l'IGS (Inspection générale des services)

 

Les étudiants de la Licence Pro JORIS de Valenciennes sont prévenus, le conflit se durcit. Les forces de l'ordre n'hésiterons pas à mettre en cause leur intégrité physique et à s'en prendre aux matériels. Passer outre les insultes virulentes devra également être une de leurs qualités, puisqu'ils se destinent , je cite, à un métier de "salauds", d"obsédé", de "salopes" et de "fascistes".

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Publié dans Journalisme

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Mavieestgreat 06/12/2010 16:02


Quel engagement, c'est beau.

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